dimanche 4 novembre 2018

FAIRE L’EXPÉRIENCE DE NOTRE DETTE




La prise de conscience de notre impuissance sans l’aide divine du Seigneur nous permet de compter sur sa grâce en tant que véritable source de force. Les paroles de l’hymne « Viens, Toi, Source de toute bénédiction » soulignent combien il est facile pour les âmes humaines de s’égarer et à quel point nous sommes redevables à la grâce de notre Sauveur dans le fait de lier notre âme errante à Lui.

Ô, à la grâce, comme je suis redevable,
Chaque jour, je suis contraint de l’être !
Que ta bonté, comme une chaîne,
Lie mon cœur errant à Toi.
Sujet à errer, Seigneur, je me sens,
Sujet à quitter le Dieu que j’aime ;
Voici mon cœur, ô prends-le et scelle-le,
Scelle-le pour tes parvis dans les cieux. 

Nous sommes tous redevables à la grâce infinie du Sauveur. C’est une dette que nous ne pourrons jamais rembourser. Nous sommes tous des moutons perdus qui avons besoin de la direction constante de notre berger. Même en tant que membres de l’Église rétablie du Sauveur, nous sommes des moutons perdus, susceptibles de nous égarer parce que nous insistons trop souvent sur la partie limitée de notre l’alliance de l’évangile. Ce faisant, nous sommes en danger de négliger le fait que nous sommes totalement dépendants de la grâce de notre Sauveur.
Beaucoup d’entre nous interprètent mal cette déclaration de Néphi: « Car nous savons que c’est par la grâce que nous sommes sauvés, après tout ce que nous pouvons faire » (2 Néphi 25:23).

Certains ont interprété ce verset disant que nous devons faire tout notre possible pour nous perfectionner, puis, une fois que nous avons épuisé toute notre énergie dans l’autosuffisance, l’auto-discipline et la satisfaction de soi, le Seigneur viendra compléter tout ce qu’il reste à perfectionner.

… Il semble que nous disions, par-là, que la plus grande partie du mérite en ce qui concerne notre salut vient de nous-mêmes. Cela semble aussi insinuer que nous devrions essayer de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas avoir besoin de l’aide du Sauveur, mais si nous venons à être pris un peu de court, alors nous lui permettrions volontiers de faire la différence. Cela révèle une compréhension très superficielle de la contribution infinie du Seigneur dans notre relation d’alliance avec Lui. Ce n’est qu’en étant dans une relation d’alliance avec le Christ, un être infini, que notre compte spirituel peut refléter les mérites infinis qui sont nécessaires pour nous sauver et nous exalter. Nos efforts limités ne seront jamais suffisants.

Une formule mathématique qui pourrait nous aider à comprendre la différence radicale entre notre part insuffisante (finie) dans cette alliance et celle suffisante (infinie) du Sauveur est la suivante :
I – F = I. En d’autres termes, la différence entre ce qui est infini et ce qui est fini, est toujours une différence infinie. La différence entre ce que nous faisons et ce que le Seigneur fait pour nous sera toujours infinie. Même si nous prenons F et que nous l’élevons à la puissance cent, la différence sera toujours la même : l’infini.

Peu importe la grande valeur de F, la différence entre quelque chose d’infini et quelque chose de fini sera toujours une différence infinie. Peu importe combien d’efforts nous mettons dans notre part de l’alliance, nous serons toujours complètement dépendants de la puissance infinie du Sauveur pour nous sauver. En tant que mortels, nous sommes toujours des « serviteurs inutiles » (Mosiah 2 :21).

Nous devrions glorifier Jésus-Christ pour sa contribution infinie à notre salut. Nous devrions nous réjouir de savoir qu’Il a accompli pour nous le sacrifice expiatoire infini et éternel. Nous devrions le louer et l’adorer pour Sa grâce extraordinaire. Car c’est un don infini que nous ne pourrions jamais nous octroyer nous-mêmes.
Que pensons-nous pouvoir accomplir par nous-mêmes, de toute façon ?
Bien que notre participation volontaire soit essentielle, rien de ce que nous faisons ne sera jamais suffisant. Tout ce que nous pouvons faire c’est aller au Christ, prendre part à Sa grâce salvatrice et nous réconcilier avec notre Père grâce à Son sang expiatoire. Nous sommes, bien évidemment, entièrement dépendants de Sa grâce car c’est Lui qui nous permet de faire ces pas.

Nous dépendons de Sa grâce pour nous permettre d’exercer notre foi. Nous dépendons de Sa grâce car c’est Lui qui nous permet de faire des efforts pour obéir à Ses commandements. Nous sommes redevables à Sa grâce à chaque étape de la route …

La grâce salvatrice de Jésus-Christ est un don incroyable que Dieu nous accorde par l’intermédiaire de Son Fils.
Mais comment Sa grâce nous est-elle donnée ?
Comment Dieu transmet-Il des qualités et des pouvoirs divins à un/e simple mortel/le ?

Cela se fait par le pouvoir du Saint-Esprit – c’est le moyen par lequel le Seigneur transmet la grâce divine aux mortels. Que nous recherchions la délivrance du péché, de nos faiblesses, de la maladie, ou de l’une des terribles épreuves que nous pouvons rencontrer dans cette vie, la délivrance nous parviendra toujours dans et par la grâce du Seigneur, et elle arrivera toujours en fonction de Son calendrier divin.

Nous devons avoir confiance en la certitude de cette promesse que le Seigneur va nous délivrer. Cependant, l’accomplissement de cette promesse arrive après que nous ayons appris les leçons que nos épreuves étaient censées à nous enseigner. Elles ne nous seront accordées que si nous sommes humbles, formés et façonnés en vue de la nature divine.

Je serai toujours reconnaissante pour notre Sauveur Jésus-Christ qui a fait en sorte que je n’ai pas besoin de passer seule par toutes les étapes de ma vie. Je sais que c’est grâce à Lui et de Lui que je peux recevoir la force, la délivrance, la paix, la direction, l’amour et la compréhension ; c’est seulement grâce à Lui que je peux recevoir tout ce qui est bon et saint. Je L’aime et je sais qu’Il m’aime.

Je vous invite à respecter Jésus-Christ non seulement comme un homme bon, mais aussi comme votre Sauveur, par la prière, en vous faisant un festin des paroles du Christ, en particulier le récit de Son ministère dans les Amériques, après Sa résurrection (qui se trouve dans le Livre de Mormon, 3 Néphi). Je l’ai fait, et ma vie en a été enrichie et éclairée d’une manière vraiment fortifiante.

Ceci est tiré d'un extrait du livre de Randall J. Brown, Vivre le Christ: Votre voyage personnel vers le SauveurVivre le Christ a été publié en 2009. Brown y explique que ce n’est que dans et par Jésus-Christ que nous sommes sauvés. Son rôle dans notre vie est infini. Brown est membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

ANNIVERSAIRES DU MOIS DE NOVEMBRE




1er Elisabeth DO NACIMENTO
2 Sylvie BAUDOUIN
2 Evelyne GUYOT
15 Josseline KONATE
16 Camille OULES
24 Isabelle TANGUY
26 Hélène OCCELI
27 Bernadette BUREL

LEÇON DU MOIS DE NOVEMBRE 2018

Dimanche 4 novembre

Comment se fixer des priorités

Dimanche 11 novembre

« Suis-je un enfant de Dieu»
Bryan K. TAYLOR
Liahona d'avril 2018


Dimanche 18 novembre

«Un jour de plus»
Taylor G. GODOY
Liahona d'avril 2018


Dimanche 28 octobre

« Le service pastoral : 

dimanche 28 octobre 2018

L'EGLISE DU CHRIST DOIT ÊTRE APPELÉE PAR SON NOM



Août 2018. C’est la date de sortie de la déclaration faite par Président Russell M. Nelson au sujet du nom de l’Église du Christ. Voici ce qu’il a dit :
” Le Seigneur a fait comprendre à mon esprit l’importance du nom qu’il a révélé pour son Église, c’est-à-dire l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Nous avons encore à faire pour nous mettre en accord avec sa volonté.”

C’est d’ailleurs ce que Jésus avait déjà dit au peuple Néphite lors de sa visite dans le continent américain.

Dans 3 Néphi 27 :8 nous lisons :
Et comment est-elle mon Église, si elle n’est pas appelée de mon nom ? Car si une Église est appelée du nom de Moïse, alors c’est l’Église de Moïse, ou si elle est appelée du nom d’un homme, alors c’est l’Église d’un homme ; mais si elle est appelée de mon nom, alors c’est mon Église, si elle est édifiée sur mon Évangile.

Cette question nous a été posée par Président Nelson lors de la Conférence Générale d’octobre 2018.

Lorsque nous omettons son nom dans son église, le retirons-nous par inadvertance du centre de nos vies ?
Mais pourquoi devrions-nous donner autant d’importance au nom qui représente l’Église du Christ et ses membres ?

L’IMPORTANCE DES NOMS ET DU POURQUOI DE L’ÉGLISE DU CHRIST
C’est une chose connue par tous les habitants de la Terre : le nom est important. Le nom de famille est, par exemple, un signe important de notre héritage familial. C’est un indicateur de l’origine de nos ancêtres ; il dicte, dans certains cas, les coutumes propres à la famille mais il est aussi porteur d’honneur ou de déshonneur selon les actes que certains membres de la famille ont accompli.
Prenons l’exemple des familles royales. Lorsqu’une personne porte le nom de la famille royale, elle doit adhérer aux coutumes de cette famille. Elle doit se plier aux codes de conduite et moraux spécifiques à cette famille. Elle ne doit rien faire qui puissent nuire à leur image. Et on pourrait continuer des heures à parler de l’importance de ce nom !

Voici pourquoi un nom est si important. Lorsque nous nous baptisons dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, nous témoignons au monde que nous sommes disposés à prendre sur nous le nom du Christ. Lorsque nous n’utilisons pas ce nom, nous avons tendance à oublier qui nous sommes. Si nous sommes connus comme les mormons, nous agirons comme les mormons. Mais si nous sommes connus comme les disciples de Jésus-Christ, nous agirons comme Jésus-Christ, dans la mesure du possible.
« L’omission la plus flagrante est l’absence du nom du Sauveur. … Lorsque nous abandonnons le nom du Sauveur, nous faisons abstraction de tout ce que Jésus-Christ a fait pour nous, même de son expiation. »

POURQUOI AVOIR CHOISI FOI EN CHRIST ?
La Foi en Christ est la base de la doctrine de l’Église du Christ. La foi est un principe clef qui nous pousse à agir en base de ce que nous croyons. Comme le dit un cantique de la primaire :
Si je suis sûr que demain le soleil se lèvera je le dois à ma foi.

Un jour nouveau nous permet d’avoir de nouvelles expériences et de devenir meilleurs. Nous commençons une journée en nous basant sur notre foi que le soleil va se lever. C’est pareil avec Jésus-Christ. Lorsque nous avons la foi qu’Il a vécu et qu’Il vit toujours, nous vivons comme il nous le demande. Nous étudions sa parole, nous suivons ses commandements, nous recherchons la compagnie de cet Esprit qu’il nous a promis qu’il allait nous envoyer (Jean 15 :26).

Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Lorsque nous comprenons ce qu’est avoir foi en Christ, nous comprenons qu’il est le chemin. Et donc nous comprenons que c’est grâce à lui et uniquement lui que nous pourrons retourner auprès du Père.

L’EXPIATION ÉTERNELLE DE NOTRE SAUVEUR

Président Nelson a, en outre, souligné :
Après tout ce qu’il a fait pour l’humanité, je réalise avec un profond regret que nous avons consciemment consenti à ce que l’Église rétablie du Seigneur soit appelée par d’autres noms, qui effacent chacun le nom sacré de Jésus-Christ.

Qu’a fait Jésus-Christ de si grand pour qu’une église entière soit appelé de par son nom ?

Jésus-Christ a tout fait. Le Plan du Salut nous explique que Jésus-Christ a accepté sa mission avant même d’être né sur Terre. Lors de sa vie sur Terre, il s’est consacré à l’apprentissage de la doctrine de son Père pour se préparer au plus grand sacrifice qui n’ait jamais été accompli.

Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. (Esaïe 53 :3-6)
Il a tout donné pour nous. C’est un honneur de souligner que nous faisons partie de l’église du Christ, cet être divin et parfait qui a préféré sacrifier sa volonté plutôt que de nous laisser sans espoir. Il s’est battu et continue de se battre car il nous aime et il croit en nous.





dimanche 21 octobre 2018

PARABOLE DES DEUX LAMPES


Parmi les choses matérielles que je garde précieusement comme souvenirs et qui me rappellent de bons moments passés, il y a une lampe…
La lampe dont je parle, la lampe d’étudiant que j’avais quand j’allais à l’école et à l’université, était l’une des meilleures de son genre. Je l’avais achetée avec mon salaire péniblement épargné et elle faisait partie des biens que je chérissais le plus…
Un soir d’été, j’étais assis, méditant profondément mais paisiblement en plein air, à l’extérieur de la chambre dans laquelle je logeais et j’étudiais. Un inconnu m’aborda. Je remarquai qu’il portait une sacoche. Il était aimable et divertissant. J’allai chercher une autre chaise à l’intérieur et nous discutâmes jusqu’à ce que la nuit tombe peu à peu et qu’il fasse complètement noir.
Puis il dit : « Vous êtes étudiant, vous avez sûrement beaucoup de travail à faire le soir. Quel genre de lampe utilisez-vous ? » Sans attendre de réponse, il continua : « J’ai une lampe de qualité supérieure que j’aimerais vous montrer, une lampe conçue et réalisée selon les dernières découvertes de la science appliquée, qui dépasse de loin tout ce qu’on a produit jusqu’ici comme lumière artificielle. »
Je répondis avec confiance et, je dois l’avouer, non sans une certaine fierté : « Mon ami, j’ai une lampe qui a fait ses preuves. Elle m’a accompagné pendant de nombreuses longues nuits. C’est une lampe Argand, l’une des meilleures de son genre. Je l’ai nettoyée et en ai taillé la mèche aujourd’hui ; elle est prête à être allumée. Entrez un instant, je vais vous montrer ma lampe, puis vous me direz s’il est possible que la vôtre soit meilleure. »
Nous entrâmes dans ma chambre d’étudiant et j’approchai une allumette de ma lampe Argand à la mèche bien taillée, avec, je pense, un sentiment comparable à celui d’un athlète sur le point de disputer une épreuve contre une personne qu’il considère comme un adversaire pitoyablement inférieur.
Mon visiteur ne fut pas avare de compliments. Il dit que c’était la meilleure lampe de son genre. Il affirma qu’il n’avait jamais vu de lampe aussi bien entretenue. Il monta et descendit la mèche et jugea que le réglage était parfait. Il déclara que jamais auparavant, il ne s’était rendu compte à quel point une lampe d’étudiant pouvait être satisfaisante.
J’aimais bien cet homme. Il me semblait réfléchi et savait assurément se faire apprécier. « Qui m’aime, aime ma lampe », me dis-je pour reprendre une expression que l’on disait couramment à l’époque.
« Maintenant, dit-il, si vous me le permettez, je vais allumer ma lampe. » Il tira de sa sacoche une lampe qui s’appelait alors la « Rochester ». Elle avait un verre qui, comparé au mien, ressemblait à une cheminée d’usine à côté de celle d’une maison. Sa mèche creuse était assez large pour que je puisse y mettre quatre doigts. Sa lumière éclaira jusqu’au coin le plus éloigné de ma chambre. À la lumière de cette puissante flamme, ma petite Argand produisait une faible lueur jaune pâle. Jusqu’à ce moment de démonstration convaincante, je ne m’étais jamais rendu compte de l’obscurité dans laquelle je vivais, travaillais et étudiais avec acharnement.
« Je vous achète votre lampe, dis-je, tout autre argument ou explication est inutile. » J’apportai ma nouvelle acquisition au laboratoire le soir même pour évaluer ses qualités. Elle avait une puissance supérieure à quarante-huit bougies, soit quatre fois plus que ma lampe d’étudiant.
Deux jours après mon achat, je rencontrai le vendeur de lampe dans la rue aux environs de midi. À ma demande, il me dit que les affaires étaient bonnes et que la demande pour ses lampes dépassait l’offre de l’usine. « Mais, dis-je, vous ne travaillez pas aujourd’hui ? » Sa réponse fut une leçon pour moi. « Croyez-vous que je serais assez bête pour essayer de vendre des lampes pendant la journée ? En auriez-vous acheté une si je l’avais allumée pendant que le soleil brillait ? J’ai choisi le bon moment pour vous démontrer la supériorité de ma lampe par rapport à la vôtre et vous avez vivement désiré avoir la lampe de meilleure qualité que je vous proposais, n’est-ce pas ? »
Voilà l’histoire. Maintenant, réfléchissez à l’application que l’on peut faire d’une partie, d’une toute petite partie de cette histoire.
« Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5:16).
L’homme qui voulait me vendre une lampe n’a pas dénigré la mienne. Il a mis sa plus grande lumière à côté de ma faible flamme et je me suis empressé d’acquérir la meilleure.
Les serviteurs missionnaires de l’Église de Jésus-Christ sont envoyés, aujourd’hui, non pour attaquer ou tourner en ridicule les croyances des hommes, mais pour montrer au monde une plus grande lumière, qui rendra évidente la faiblesse de la luminosité des flammes vacillantes et fumantes des credo inventés par les hommes. L’œuvre de l’Église est constructive et non destructrice.
Quant aux autres significations de cette parabole, que celui qui a des yeux et un cœur voit et comprenne.

samedi 13 octobre 2018

LE "OWL EXPRESS"



Lorsque j’étais à l’université, je faisais partie d’un groupe d’étudiants désignés pour faire des travaux sur le terrain, dans le cadre de notre cours obligatoire de géologie, science qui s’intéresse à la terre dans tous ses différents aspects et différentes phases, mais plus particulièrement aux roches qui la composent, aux particularités de leurs structures, aux métamorphoses qu’elles ont subies et à celles qu’elles sont en train de subir : la science des mondes.

Une tâche particulière avait nécessité que nous restions de nombreux jours sur le terrain. Nous avions parcouru, examiné et répertorié des kilomètres de plaines et de hautes terres, de vallées et de collines, de sommets et de gorges de montagnes. Alors que nous approchions de la fin du temps qui nous avait été accordé pour faire les recherches, nous fûmes surpris par un vent violent, suivi d’une tempête de neige inhabituelle et inattendue pour la saison, mais qui redoublait d’intensité, au point que nous risquions de rester bloqués par la neige dans les collines. 

La tempête était au plus fort lorsque nous descendîmes les longs flancs escarpés d’une montagne à quelques kilomètres de la petite gare où nous espérions prendre un train ce soir-là pour rentrer chez nous. À grand peine, nous atteignîmes la gare tard dans la nuit tandis que la tempête faisait toujours rage. Nous souffrions du froid intense à cause du vent cinglant et de la neige battante. Comble de malheur, nous apprîmes que le train que nous attendions avait été arrêté par des congères à quelques kilomètres de la petite gare où nous nous trouvions.

… Le train que nous attendions avec tant d’espoir était le Owl Express, rapide de nuit reliant de grandes villes. Ses horaires ne lui permettaient de s’arrêter qu’à quelques gares, les plus importantes, mais nous savions qu’il devait s’arrêter à ce petit poste isolé pour faire le plein d’eau pour la locomotive.

Le train arriva bien après minuit, dans un tourbillon impressionnant de vent et de neige. Je m’attardai derrière mes camarades alors qu’ils se dépêchaient de monter dans le train car mon attention avait été attirée par le mécanicien. Pendant ce bref arrêt, alors que son assistant s’occupait de faire le plein d’eau, il s’affairait autour de la locomotive : il graissait certaines pièces, en ajustait d’autres, et faisait une inspection générale de la locomotive à bout de souffle. Je me risquai à lui parler, bien qu’il fût très occupé. Je lui demandai quels étaient ses sentiments au sujet d’une nuit comme celle-ci, violente, étrange et enragée, où les pouvoirs de destruction semblaient se déchaîner, de toutes parts, que la tempête hurlait, et que le danger menaçait de tous côtés. 
Je pensai aux congères ou aux glissements de terrain possibles et même fortement probables sur la voie, aux ruptures des ponts métalliques à cause de la tempête, à la chute de rochers détachés du flanc de la montagne, ou à d’autres obstacles de ce genre. Je me rendis compte que, si la voie était bloquée ou endommagée et que cela provoquait un accident, le mécanicien et le machiniste seraient les plus exposés au danger. Une collision violente leur coûterait vraisemblablement la vie. J’exprimai rapidement ces pensées et d’autres en questionnant le mécanicien qui s’affairait sans perdre de temps.
La réponse qu’il fit est une leçon que je n’ai toujours pas oubliée. 

Il dit, en substance, bien que par des phrases saccadées et décousues : 

« Regardez le feu de la locomotive. Il éclaire la voie sur une centaine de mètres ou plus, non ? Eh bien, tout ce que j’essaye de faire, c’est de bien regarder ces cent mètres de voie éclairée. Je peux voir cette zone et je sais que, sur cette distance, la voie est libre et sans danger. Et », ajouta-il avec ce qui me sembla être, malgré les rafales et la faible luminosité de cette nuit agitée, un sourire taquin et un pétillement joyeux dans les yeux : « Croyez-moi, je n’ai jamais réussi à conduire ma vieille locomotive, que Dieu la bénisse, assez vite pour dépasser les cent mètres de voie éclairée. La lumière du phare de la locomotive est toujours devant moi ! »
Lorsqu’il prit place dans la cabine, je me dépêchai de monter dans le premier wagon pour passagers. Lorsque je m’enfonçai dans un siège rembourré, en savourant la chaleur et le confort en général, qui contrastait grandement avec la fureur de la nuit à l’extérieur, je réfléchis aux paroles du mécanicien couvert de charbon et de graisse. Elles étaient remplies de foi : la foi qui accompagne des grandes choses, la foi qui donne du courage et de la détermination, la foi qui produit des œuvres. 
Que ce serait-il passé si le mécanicien avait manqué à sa tâche, s’il avait cédé à la peur et avait refusé de continuer à cause des dangers qui menaçaient ? 
Qui sait quelle œuvre aurait pu être entravée, quels projets importants auraient pu avorter, quels secours bienveillants envoyés par Dieu auraient pu être empêchés, si le mécanicien avait faibli et perdu courage ?

Sur une petite distance, la voie balayée par l’orage était éclairée. Sur ce court intervalle, le mécanicien avançait !
Nous ne savons peut-être pas ce qui nous attend dans les prochaines années, ni même dans les prochains jours ou les toutes prochaines heures. Mais sur une distance de quelques dizaines de mètres, ou peut-être de quelques mètres, la voie est dégagée, nous savons ce que nous avons à faire, notre chemin est éclairé. Sur cette courte distance, pour faire le prochain pas, éclairé par l’inspiration de Dieu, avançons !